Le burn-out maternel, on en parle?

Vaste sujet, souvent tabou… et pourtant tellement courant.

Bon, je préfère prévenir… je risque de vous pondre une tartine…

Il y a bientôt 4 ans qu’est né mon “grand loulou”. Après avoir vécu une grossesse de rêve au cours de laquelle je rayonnais et m’épanouissais pleinement…voici venu le temps des pleurs, de la fatigue, des doutes, des peurs et encore de la fatigue… Oups non…la société voudrait que je vous dise “voici venu le temps des areuh, des sourires qui nous font fondre, de l’amour inconditionnel, de la joie…”. STOP!

Oui, cela tout le monde le sait puisqu’on ne nous parle que des moments magiques, de l’immense bonheur que procure un enfant …bla bla bla…Certes, on nous avoue , parfois, à demi mots, que c’est aussi beaucoup de soucis. Qui n’a donc jamais entendu ” Petits enfants, petits soucis. Grands enfants, grands soucis”. Mouhahahaha….

Non mais oh! Quelqu’un vous a parlé du bonheur immense de changer les couches à longueur de journée et pleines de caca qui a débordé (sinon c’est moins fun)? On vous a parlé des régurgitations puantes sur vos épaules? OU encore des coliques et de l’enfer que c’est d’endormir un enfant qui souffre de ces coliques? Et le reflux? Quoi? Vous avez découvert le reflux à la naissance? Non, mais…comment ça? Personne n’a donc osé vous parler de tout cela.

Pire! Je vais sortir le mot “magique”, le mot super à la mode: l’Allaitement! Ça, par contre, je suis sûre à 300% qu’on vous en a parlé 😀

Et bien, moi aussi je vais vous en parler! Obligée car c’est à peu près “là” que tout a commencé.

J’allaite ou pas? Fameuse question! 

Perso, j’étais totalement paumée face à cette question.

Mon for intérieur me disait , de prime à bord, “beurk,non, jamais je pourrais faire ça…suis trop pudique…patati patata”. Ensuite, je suis allée à des séances d’infos…j’ai lu sur le sujet…et je n’étais plus très sûre de moi. Je suis donc passée de “Non, jamais” à “je peux toujours essayer et je verrai”.

Et c’est ce que j’ai fait. Mais…à l’époque de mon aîné, la toute première raison qui m’a poussé à le faire n’était pas la bonne! J’avais entendu que ça m’aiderait à perdre les kilos de grossesse … Mouhahahaha! Oui, c’est vrai, ça a marché MAIS! Non, ce n’est pas une raison valable pour allaiter.

Evidemment, j’ai galéré mais les sages femmes de la mat (avec ,en prime, le label “amis des enfants” ou truc du genre) étaient à mes côtés….voir un peu trop.

Donc après quelques ajustements pour les positions, j’aurais dû pouvoir dire “Yes, c’est parti”. Mais non! Dame Nature en a décidé autrement.

Primo: J’avais un bébé “fainéant” qu’il fallait tout le temps stimuler pour qu’il tête.

Deusio: Mes nichons étaient de très mauvais producteurs…étonnant vu la vache à lait que je suis (comprenez que je peux boire jusqu’à 1 litre de lait sur une journée si je ne fais pas gaffe).

Primo + Deusio = L’enfer de Tertio!

Tertio: Bin, la fatigue n’aide pas, c’est connu. Je n’ai pas eu la fameuse montée de lait. J’ai dû commencé à donner des suppléments …donc BB tétait puis je devais tirer mon lait pour le lui donner en bonus. Sauf que je tirais à tout casser 15ml. Je vous parle de quand j’étais encore à la mat. Donc BB avait tout le temps faim car jamais rassasié…et donc Maman n’avait jamais le temps de se reposer… puisque après la tétée, je devais encore tiré mon lait . Une fois tout cela fini, j’avais environ 30min avant que BB réclame à nouveau ==> gros cercle vicieux puisque, plus on est crevé, moins les nichons bossent.

J’aurais dû m’arrêter là. Mais…j’ai découvert une VRAIE bonne raison d’allaiter: l’attachement! Le lien fusionnel qui se crée entre maman et BB… et puis, perfectionniste que je suis…. je voulais “le meilleur pour mon BB”… Pffff, n’importe nawak!

Au lieu d’écouter mon entourage, je me suis obstinée à continuer. Les sages femmes ne m’ont pas découragée (évidemment que non vu le label de la maternité)… Et c’est ainsi, que j’ai dérivé…petit à petit.

Le retour à la maison fût catastrophique. Je suis rentrée après avoir passé 7 jours à la mat (c’est très rare). Je suis rentrée en larmes, morte de trouille de pas y arriver…comprenez “pas arriver à nourrir mon enfant”.

La galère de l’allaitement a continué à domicile jusqu’au début de ma reprise du taf (soit environ les 3 mois de BB). J’allais à des consultations particulières pour avoir des conseils sur l’allaitement…On m’a même conseillé de faire une “cure de motilium”. Le motilium est un médoc! J’avais des doutes car j’aime pas jouer avec les médocs…mais je l’ai fait! J’ai bouffé ces putains de motilium car , parait-il, c’est le seul truc qui favorise la lactation. J’avais déjà essayé tout le reste avant: la bière brune de table, les tisanes au fenouil, l’homéopathie…Rien, je ne parvenais à rien tirer comme lait.

Un soir, nous avons dû courir aux urgences car BB avait “vomi” en jet. Il ne s’agissait pas de vomi mais de reflux (mais ça, je l’ai appris à ce moment là) et il semblait avoir faim…J’étais à bout! Ce soir là, j’ai cédé…en même temps, on ne m’a pas vraiment laissé le choix: BB a eu son premier biberon de lait artificiel.

A partir de ce jour, j’ai commencé à me faire à l’idée…ça a pris du temps. Je vivais, psychologiquement, très mal le fait de mettre un terme à l’allaitement. J’avais l’impression que j’allais perdre mon enfant. Ma meilleure amie (une psy) a trouvé les mots justes qui m’ont aidée. ET petit à petit, j’ai réussi à passer à l’allaitement artificiel.

On aurait pu se dire que tout allait rentrer dans l’ordre mais ça aurait été trop simple.

Crevée! Fatiguée! Epuisée! Au bout du rouleau! Voilà comment je me sentais. BB ayant du reflux, des fortes régurgitations…c’était toujours super galère le soir pour l’endormir. Par contre, j’avoue ne pas devoir me plaindre trop…il faisait ses nuits en sortant de la mat.

On ajoute à cela: le perfectionnisme…la peur de ne pas être à la hauteur, la peur de tout faire mal… Le fait de toujours douter de moi et de mon aptitude à être une bonne mère. Bin voilà, vous avez tous les ingrédients parfaits pour aller droit dans le mur…

La prise de conscience?

Je sentais que je me détachais de plus en plus de mon fils. Je pouvais le regarder et pleurer…comme ça, sans raison. Je voyais qu’il voulait que je “joue” (si on peut appeler cela jouer vu le jeune âge) avec lui mais moi…j’étais dans le vide, vidée…et lentement, je me détachais de lui. Je l’aimais mais je n’y arrivais pas, je n’arrivais plus à ressentir le moindre plaisir. Forcément, la culpabilité vient s’incruster à la longue liste de symptômes/problèmes.

Vu que j’étais enseignante, je misais “tout” sur les vacances d’été. Je pensais que c’était la reprise du boulot qui était hard à combiner avec cette nouvelle vie de famille. J’avais donc pris comme “bonne résolution” ceci: Si cet été, alors que je suis en congé et que je peux me reposer, je continue à me détacher de mon fils et à ne pas ressentir de plaisir, alors j’irai consulter.

Verdict!

Après les 1 an de mon grand loulou, vers le mois d’août, j’avais mon premier rendez-vous (d’une longue série) chez mon psy! Et au bout du second rdv, mon psy a lâché son “diagnostic”: vous faites un burn-out maternel.

C’est à force de séances, de parler , de certaines lectures, de partage avec d’autres mamans  et de temps…beaucoup de temps, que j’ai réussi à remonter la pente!

Mon grand loulou va avoir 4 ans et je peux vous dire que…je suis une sacré mère poule! Il est loin, très très loin le temps où je me détachais, le temps où je ne prenais pas plaisir… A l’heure d’aujourd’hui et ce, depuis plusieurs années déjà (merci à mon psy pour son aide précieuse)…j’aime être avec mon fils, jouer avec lui, le chatouiller, le câliner, l’embrasser, lui lire des histoires et changer ses couches à l’époque des couches … il est propre depuis.

L’erreur que je n’ai surtout pas refaite avec mon “petit pèpère” (num 2):

J’ai lâché prise sur certains aspects, je ne me suis surtout pas obstinée. A la mat, au bout de 48h, j’ai tout de suite senti que les mauvais souvenirs liés à l’allaitement reprenaient le dessus et j’ai eu peur que ça se passe pareil….alors, je ne me suis pas obstinée et j’ai mis BB au biberon plutôt qu’aux seins. C’est con, mais j’ai eu une montée de lait quelques jours après lol… Et franchement, je n’ai pas regretté! Une maman sereine, bien dans sa peau, c’est ce qui est le plus important. Je m’étais dit que si j’avais la montée de lait , je lui donnerais mais j’avais bu 2 verres de vin…donc, c’est passé à la trappe. Sûrement un signe du destin pour me dire “Non, pas d’allaitement cette fois-ci”.

Du coup, ça c’est beaucoup mieux passé avec mon choubidou qui va sur ses 1 an… Mais je vous parlerai du lâcher-prise lié à BB2 dans un autre article car la tartine est bien assez grande pour maintenant.

Mes conseils:

  1. Retenez une chose: vous n’êtes pas la seule dans cette galère et dans cet état d’esprit
  2. Donc, parlez-en! Parlez, parlez, parlez…soit à vos proches, soit à un professionnel, soit dans des groupes de paroles spécialisés, soit avec des copines du net…Mais ne restez pas seule à ressasser.
  3. Lâcher-prise (Eh, c’est moi qui dit ça? mouahahaha)
  4. Mettez le perfectionnisme au placard. Vous voulez le meilleur pour BB et bien sachez que le meilleur, c’est simplement “une maman bien dans sa peau”. BB s’en fout du nichon ou du bibi…BB s’en fout d’être en pampers ou en couches lavables. Il veut juste que sa maman aille bien pour être bien dispo avec lui.
  5. La culpabilité: “clic delete”! Arrêtez de vous (auto) jugez.

Cela est très dur….si il y a bien une personne ici qui ne sait pas lâcher-prise et qui est ultra perfectionniste…c’est moi! Mais j’y suis arrivée…eh, que dans ce domaine là 😉

J’espère que mon témoignage pourra vous aider. Et si vous êtes un proche, un papa qui voit sa femme, son amie à la dérive… je n’ai pas beaucoup de conseils si ce n’est: entourez-là, écoutez-là, NE JUGEZ PAS mais le déclic doit venir d’elle.

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Author: Barba_Mum

Maman belge de 2 boys boys.

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